Sexualité, Amour et Handicap

Handicap, Santé
Salle festive, Nantes Erdre
Le vendredi 3 avril 2015

vendredi 3 avril 2015
de 08:30 à 09:00
Accueil des participants
de 09:00 à 09:30
Introduction et ouverture officielle
de 09:30 à 10:30
Le jour où quelqu’un nous aime, il fait très beau : approche philosophique de la sexualité

Éric FIAT, philosophe, enseignant à l’Université Paris Est Marne-la-Vallée

de 10:30 à 11:00
Ignorée, accompagnée, interdite, quid de la sexualité dans les institutions ?

Jean-Siméon MÉNOREAU, psychologue et sexologue

de 11:00 à 11:05
Pause
de 11:10 à 11:15
Table ronde : Emois et moi ? Amour et sexualité je m’interroge…
de 11:15 à 11:35
Ils ou elles parlent de leurs sexualités : témoignages de personnes avec un handicap mental.
de 11:35 à 11:55
Une sexualité handicapante ? Une sœur de personne autiste raconte.
de 11:55 à 12:15
Le Planning familial : un lieu de parole ouvert ?

Brigitte LEGRAIS et Florence VEDRENNE, professionnels du Planning familial

Avec la participation de Jean-Siméon MÉNOREAU et d’Eric FIAT
Modérateur: PatriceLE ROUX, membre du comité de pilotage du colloque

 

de 12:15 à 12:45
Interlude

Paolo DOSS, clown

de 12:45 à 14:00
Découverte des stands et pause déjeuner (Food-truck sur place)
de 14:00 à 14:45
Sexualité, handicap, représentations, des idées courtes aux expériences… : vers quel accompagnement ?

Réjean TREMBLAY, Docteur d'Etat en psychosociologie, responsable pédagogique du diplôme d'éducation sexuelle à l'Université Toulouse III

de 14:45 à 14:50
Table ronde : Chercher, oser, inventer… retour sur quelques expériences
de 14:50 à 15:00
Ils ou elles parlent de leurs sexualités : témoignages de personnes avec un handicap mental
de 15:00 à 15:10
Etre femme au-delà des représentations

Lydie RAËR, étudiante en droit à la santé et blogueuse engagée (blog porte-jarretelles et wheelchair)

de 15:10 à 15:20
Vie affective et sexualité, un(e) apprentissage de longue haleine pour tous !

Sandra ANDRÉ, psychologue à l’IME ADAPEI de Blain (Loire-Atlantique) 

Bernard GAURIER, directeur de l’IME et du SESSAD ADAPEI de Blain

de 15:20 à 15:30
Question d’émoi, un espace de parole nécessaire

Franck CORNEVIN, éducateur

Catherine CHEVALIER, psychologue au Centre d’Habitat l’Etape (Nantes)

Réjean TREMBLAY, docteur d'Etat en psychosociologie, responsable pédagogique du diplôme d'éducation sexuelle à l'Université Toulouse III

de 15:30 à 16:15
Interlude

Paolo DOSS, clown

de 16:15 à 17:00
Conclusion « Et maintenant comment je fais ? »

Paul ROSE, directeur de l'association l'Etape

Salle festive, Nantes Erdre

La sexualité de la personne handicapée n’existe pas...

Les désirs, les pratiques, les fantasmes sexuels des personnes en situation de handicap, témoignent de réalités, heureuses ou malheureuses, que chacun peut connaître.

Personnes handicapées, professionnels, parents, beaucoup ont affaire à l’intrusion de la question sexuelle dans leurs parcours, leurs relations, en des termes très concrets :

  • Comment puis-je faire l’amour avec ce corps qui ne répond pas ? Comment rencontrer l’autre quand mon être est marqué par l’entrave ? Puis-je demander de l’aide comme pour d’autres gestes de mon quotidien ? ...
  • Comment accompagner dans nos institutions l’expression du désir, de la jouissance et de l’amour ? Faut-il étouffer cette expression, la contenir, la réguler, la favoriser ? Ces questions si intimes concernent-elles l’institution ?...
  • Puis-je aider mon enfant à rencontrer un(e) partenaire là où son handicap tend à l’enfermer dans son monde ? Comment soulager son corps et son esprit quand la pulsion fait douloureusement tension au risque de déranger les règles sociales ? Comment trouver la bonne distance ?...

Ces questions, parmi tant d’autres, éclairent la mise en tension de la sphère intime (la jouissance, le désir, l’amour, le plaisir) et du champ social (l’institution, la loi, les interdits, la morale).

Ce débat forcément conflictuel, politiquement, socialement, psychiquement, peut-il se résoudre dans un cadre légal ? Par la mise en œuvre d’un protocole ? N’admet-il de solutions qu’au cas par cas dans le respect le plus complet de l’intimité du sujet ?

Les entraves que connaissent les personnes handicapées dans leur corps ou leur esprit viennent souligner la singularité de toute rencontre sexuelle et amoureuse. Pour elles, les choses iraient moins de soi car nécessiteraient le recours à une assistance, à un tiers :

  • physiquement aidant quand le corps ne répond pas
  • protecteur quand le sujet semble être victime de l’autre
  • régulateur quand les façons de jouir sortent des codes sociaux
  • décomplexant quand les inhibitions pèsent trop…

Autant de difficultés dont les personnes en situation de handicap sont loin d’avoir le monopole.

Nous avons tous affaire au manque, c’est même ce « handicap » qui alimente notre désir. Sans cette quête de l’autre, point d’amour.

Question sexe : tous handicapés !

Aujourd’hui les personnes handicapées qui revendiquent leur droit à la jouissance et à l’amour, rappellent à tous la complexité des rapports entre le droit et le désir, le collectif et le singulier. Au-delà de la légitimité de ces demandes qu’il convient au moins d’entendre, de nombreuses questions, notamment éthiques, se posent.

Quand elles nous interpellent à propos de leur sexualité, les personnes en situation de handicap parlent d’elles un peu, de nous tous beaucoup…