9e colloque international du SIICLHA

Handicap, Santé
Institut de Psychologie 71, Avenue Edouard Vaillant 92100 B
Du vendredi 28 novembre 2014 au dimanche 30 novembre 2014
vendredi 28 novembre 2014
de 18:00 à 18:30
Accueil des participants
de 18:30 à 19:00
Ouverture du SIICLHA
de 19:00 à 19:30
Conférence inaugurale

Conférence inaugurale, Pom BESSOT et Philippe LEFAIT, auteurs de : « Et tu danses, Lou ». Lecture  dramatique et discussion : Catherine CHABERT

samedi 29 novembre 2014
de 08:00 à 08:50
Accueil des participants

Président de la matinée : Luc VANDEN DRIESSCHE

de 08:50 à 09:00
Ouverture

Ouverture d’Ewa DROZDA, Directrice de L’Institut de Psychologie

de 09:00 à 09:30
Introduction

 Introduction : Sylvain MISSONNIER et Marcela GARGIULO

de 09:30 à 10:00
« Congédiant le soleil radieux » Pourquoi le handicap tirerait le verrou sur les beaux jours ?
de 10:00 à 10:15
Discutante : Isabelle GERNET
de 10:15 à 10:30
Discussion avec la salle
de 10:30 à 10:50
PAUSE
de 10:50 à 11:00
Table ronde : De l’ordinaire du tragique
de 11:00 à 11:25
Éloge des défenses maniaques
de 11:25 à 11:50
« Même pas tragique », peuvent dire les enfants !
de 11:50 à 12:15
Petits moments non-tragiques en institution
de 12:15 à 12:30
Discussion avec la salle
de 12:30 à 14:00
DEJEUNER
de 14:00 à 16:30
ATELIERS THÉMATIQUES SIMULTANÉS
de 16:30 à 16:50
PAUSE
de 16:50 à 17:00
Président de l’après midi : Manuella De LUCA
de 17:00 à 17:30
L'autisme au filtre du handicap: 1% de TED ou 100% de dimension autistique?
de 17:30 à 17:45
Discutante : Chantal LHEUREUX
de 17:45 à 18:15
Vieillir: Un naufrage? Cheminer au soleil couchant
de 18:15 à 18:30
Discutant : Roger SALBREUX
de 18:30 à 19:00
Discussion avec la salle
de 19:00 à 19:10
Fin des travaux
dimanche 30 novembre 2014
de 08:30 à 09:00
Accueil des participants

Président : François MARTY

de 09:00 à 09:30
Blaise CENDRARS: Blessure, narcissisme et écriture
de 09:30 à 09:45
Discutante : Estelle LOUËT
de 09:45 à 10:00
Discussion avec la salle
de 10:00 à 10:30
PAUSE
de 10:30 à 11:15
Handicap, transfert et contre-transfert dans la scène psychanalytique
de 11:15 à 11:35
Le handicap est-il moins envisagé comme une tragédie dans les pays anglo-saxons?
de 11:35 à 11:45
Discutante : Simone KORFF-SAUSSE
de 11:45 à 12:00
Discussion avec la salle
de 12:00 à 12:30
Conclusion
de 12:30 à 13:00
Perspectives
Institut de Psychologie 71, Avenue Edouard Vaillant 92100 B

Le handicap n’est pas dans un rapport d’opposition binaire avec la normalité, mais, comme le suggère G. Canguilhem, dans un nouveau registre du fonctionnement du vivant. Ainsi, les connaissances acquises dans le domaine du « hors-norme » permettent d’éclairer et d’enrichir celles du fonctionnement normal : “ J’insisterai davantage sur la possibilité, et même l’obligation, d’éclairer par la connaissance des formations monstrueuses celle des formations normales. Je proposerai avec encore plus de force qu’il n’y a pas en soi, et a priori, de différence ontologique entre une forme vivante réussie et une forme anormale manquée.”(G. Canguilhem, Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique,1943/1966).

Dans cette perspective, le handicap ne peut être réduit à la pathologie dès lors qu’il s’impose comme une expérience d’altérité. L’altérité est ici à entendre comme l’appel à reconnaître l’autre en soi avec la part d’inquiétante étrangeté qui nous rend si souvent étrangers à nous-mêmes. La figure du handicap n’est plus alors “extérieure à soi” mais, intrinsèquement, profondément liée à notre condition humaine, source de connaissances et de savoirs.

Ce positionnement nous invite à considérer la personne handicapée, sa famille et le groupe non seulement en termes de manque et de négatif, mais, tout autant, en termes de potentialités créatrices. Et, force est de constater, combien la culture du handicap est classiquement prolixe sur les premières et laconique sur les secondes.

Or, justement, une fois n’est pas coutume, nous souhaitons explorer à l’occasion de ce 9ème colloque international du SIICLHA les trajectoires fécondes de la confrontation au handicap allant parfois jusqu’au dépassement de soi. Cette direction pourrait paraitre provocatrice, en fait, elle s’inscrit dans la continuité de tout un cheminement des réflexions théoriques et cliniques de ces dernières années au SIICLHA.

Interroger le handicap comme une possible valeur positive authentique implique d’emprunter des chemins inédits, parfois périlleux, qui exigeront de ne pas l’approcher exclusivement sur le mode tragique que l’habitude lui prête, ni sur le seul mode du déni de la souffrance et des pertes vécues par ceux qui les vivent et par ceux qui les accompagnent.

Dans cet esprit, nous aborderons des sujets rarement évoqués par les praticiens et les chercheurs tels que : les défenses maniaques, les stratégies de contournement, le dévouement sacrificial, le bénéfice secondaire, le gain, le plaisir, les effets pervers, la depression.

Sans idéaliser la souffrance, nous proposons d’aborder les vertus et les vertiges des resources individuelles, collectives dans une zone de réflexion tempérée à l’abri des impasses extrémistes. Aux cotés des notions de traumatisme, deuil, douleur, violence nous souhaitons explorer les processus de virtualités plurielles individuelles et collectives.

En tant que cliniciens, nous sommes convoqués à replacer les problématiques spécifiques que le handicap impose dans l’universalité des processus psychiques propres à l’humain. Cela exige de travailler sur les mouvements contre-transférentiels de forte amplitude que la rencontre avec le sujet handicapé induit. La rencontre avec l’enfant, l’adolescent, l’adulte en situation de handicap vient frapper à la porte de nos plus profondes angoisses, de nos peurs infantiles et de nos propres positions dépressives. Elle vient mettre à l’épreuve nos possibilités d’identification et solliciter nos capacités d’empathie.

Ces liaisons complexes méritent d’être reconnues… mais également un autre mouvement en présence plus méconnu sinon secret : la surprise de notre oubli du handicap de la personne lorsque, à l’écoute des profondeurs de sa réalité psychique, nous pouvons l’identifier comme porteuse d’une marque devenue invisible.

La clinique du sujet en situation de handicap, les parcours de vies, les récits des personnes concernées, des familles, des groupes et des professionnels nous invitent à dédier ces nouvelles journées du SIICLHA à l’inventivité de l’humain face à sa propre vulnérabilité dont le poids écrasant du réel ne le prive certainement pas de la possibilité de desserrer l’étau du destin.