Actualités

Oiseaux de liberté, volez ! par la compagnie Zéro de conduite, lecture-spectacle

samedi 20 juillet 2019

 

 


 

OISEAUX DE LIBERTE, VOLEZ ! par la compagnie Zéro de conduite

Samedi 20 et dimanche 21 juillet à 20 h 30
Scène ouverte du chapiteau ARCAS
147, allée Antoine Pinay
Ile de la Barthelasse
84000 Avignon

tarifs : plein 6 €
abonné festival Off et réduit : 4 €
moins de 18 ans : 3 €

Lecture-spectacle adaptée de « Je, ou autopsie du vivant » de Babouillec, in Algorithme Éponyme. Ed Rivages.

Comédienne : Marion Gaud, Œil complice : Fabienne Berriau-Pahud, Compagnie Zéro de conduite !

Durée : 50 mn environ


Présentation de l'auteure :

BABOUILLEC, « autiste sans parole. »

Née en 1985 à Aunay-sur-Odon, Babouillec, alias Hélène Nicolas, est une jeune femme autiste. Diagnostiquée déficitaire à 80 %, elle n'a jamais été scolarisée. A l’âge de 14 ans ses parents décident de la retirer de l'Institut Médico-Éducatif où elle est placée depuis plusieurs années et entreprennent de la stimuler, notamment sur le plan artistique : arts plastiques, danse, musique, équitation. Hélène ne parle pas et n'a pas la mobilité motrice suffisante pour écrire. Mais elle sait lire sans que l'on sache comment elle a appris. Sa mère a l'idée de lui fournir un alphabet découpé dans du carton afin qu'elle puisse s'exprimer. Viennent les premiers mots, puis les premiers textes. Sa poésie libre, déroutante et fulgurante intéresse plusieurs metteurs en scène qui monteront des spectacles sur deux de ses textes. En 2016, elle fait l'objet d'un documentaire : Dernières nouvelles du cosmos de Julie Bertuccelli, filmé lors des répétitions d'une des pièces.* Ses textes poétiques sont publiés aux éditions Rivages. Elle vient maintenant d'écrire un roman intitulé Rouge de soi.

* « Forbidden di sporgersi » m-e-s Pierre Meunier, Festival d'Avignon 2015

Bande annonce de Dernières nouvelles du Cosmos
Présentation de ses textes, éditions rivages 
Article Télérama
Article Libération

Note d'intention / Le choix du texte :

J'avais envie, où plutôt besoin, de faire entendre une parole inédite, de femme si possible, une parole oubliée ou une voix discordante, marginalisée, la voix de quelqu'un que l'on entend habituellement pas. Quelque chose qui réveille, sonne différemment, ouvre des perspectives inhabituelles, aille à contre-courant des pensées uniques et des idées toutes faites. Je ne parvenais pas à trouver LE texte qui s'imposerait comme évident, nécessaire et urgent à partager.

J'avais entendu parler d'une jeune femme autiste et poète ainsi que d'un documentaire qui avait été fait sur elle. Cela, bien-sûr, correspondait à mes centres d’intérêts: mon travail d’auxiliaire de vie scolaire auprès d'enfants dits « en situation de handicap ».

J'ai fait des recherches et je suis rapidement tombée sur elle : Babouillec : c'était ça, c'était le séisme que j'attendais pour me pousser sur scène à nouveau.

Entre poésie, réflexion métaphysique et manifeste irrévérencieux: son écriture est d'une beauté et d'une immédiateté qui nous transperce, avec des fulgurances qu'on reçoit comme des coups de tonnerre. Babouillec nous fait cadeau d'une force inouïe de vie qui peut-être, nous manque, à nous, qui nous pensons « libres » et « en capacité » de tout.

Ses contraintes principales, qui se traduisent physiquement, lui ouvre un champs d'exploration et de joie que nous ne savons plus vraiment habiter depuis l'enfance : juste être là comme le nouveau-né, goûter la vie en « hédoniste née », s'envoler grâce « au pouvoir du rêve » et de l'exploration de soi et des autres aussi, dans les plus grandes profondeurs: les sages du monde entier et de toujours ne parlent pas d'autre chose en réalité.

Ici, en plus : la puissance poétique des mots, la force des images, le plaisir et l'urgence de dire pour échanger avec l'autre.

Face à la vitalité affirmée de ce bonheur d'exister, il y a aussi de la souffrance. Celle des contraintes imposées par ce corps qui ne répond pas comme celui des autres, ne lui permet pas « l'autonomie ». Où plutôt ce que l'on nomme comme telle, comme condition, pour exister socialement. Sa réponse est la révolte et la revendication d'être ce qu'elle est totalement, avec ce corps là et d'avoir, en plus, beaucoup à nous apprendre. Elle a raison : devant la réflexion métaphysique abyssale où elle ose s'aventurer sans peur, son questionnement profond sur l'être, on ne peut que se sentir petit. Tout tout petit. Elle le sait et nous le dit avec insolence, liberté, fierté et humour : debout et droite face à nous qui préférons souvent éluder ces questions fondamentales. Tous aux abris : le « handicap » n'est pas forcément là où on le croit et le voyage secoue.

« Oiseaux de liberté, volez » est adapté de « Je, ou autopsie du vivant », troisième texte poétique figurant dans l'édition d'Algorithme éponyme.

LA FORME : lecture théâtralisée

Resserrer le texte par des coupes, sans toucher à la structure des phrases afin de ne surtout pas trahir la progression de cette pensée si particulière et buissonnière, de cette parole intérieure sans filtres et non entendue, était ma préoccupation première.

Je suis partie en exploration dans l'univers infini et infiniment libre de Babouillec avec des envies de mise en scène, de mouvements, des idées visuelles, quelques accessoires.

Le défi , pour porter ce texte sur scène, c'est qu'il n'est évidemment pas question d'incarner Babouillec, de singer ce qu'on appelle à tort, son « handicap », mais d'incarner sa pensée et les émotions qui la traversent, en passeur. Pour cela, j'ai fini par revenir à l'essentiel: le texte, les mots, le sens.

Le spectacle est donc une simple lecture, nourrie par le travail de corps et les envies formelles qui l'ont précédée.

La forme est on ne peut plus simple mais importante: une table, une chaise, le noir (ou la pénombre) et une lampe de bureau que j'allume et éteins. Un univers minimaliste et restreint qui s'apparente à son « rectangle mental » comme elle nomme son espace intérieur. Il s'agit de faire entendre l'immensité de son monde dans les limites de cet espace. Faire entendre qu'en fait, il n'y a pas de limites...

Quelle immensité d'ailleurs ! A donner le vertige…mais aussi des ailes pour surmonter la peur des abysses en jouant avec elles. Grâce aux mots.

Marion Gaud


Présentation de la comédienne :

Marion GAUD

Un bac arts plastiques, une licence d’Études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle puis l’École Claude Mathieu pour apprendre le métier de comédienne. Un diplôme de peintre décorateur, des cours de chant, une expérience théâtrale de comédienne, de professeure de théâtre, de directrice de casting aussi, de mise en scène également, de chanteuse interprète et d'auteure de

chansons. Puis de programmatrice bénévole de spectacles et créatrice d'un petit festival annuel pluridisciplinaire sur le thème de la liberté sous toutes ses formes, en milieu rural dans le Haut Var où elle vit depuis dix ans. Et, enfin, pour finir, auxiliaire de vie scolaire auprès d'enfants dits en « situation de handicap » : Marion Gaud est pluridisciplinaire. Ce qui la guide est le sens de l'acte artistique, du partage, de l'échange. L'art comme support à un dialogue, une communication essentielle, sinon rien. Et surtout, la curiosité de découvrir les autres, l'autre dans sa particularité, l'amour de la beauté et de la tendresse humaine qui peuvent encore exister, oui, oui. /// EXTRAITS DU TEXTE :

« Il marche comme un ouvre-boite mon cornichon de cerveau, alors il découpe la matière qui se vide de son sens. Je me retrouve blottie dans une tête sans étagère et commence le périple du rangement. » (...)

« Oiseau de liberté volée, j'imagine franchir les frontières muettes où somnole l'extase de la parole, comme ça ! D'un coup d'archet pointant en plein dans le mille de cette satanée cible qui jusqu' alors se dérobe.

Je rêve de réussir à toucher la cible aux cordes concentriques qui tapissent le fond de ma gorge et de me transformer en tireur d'élite de la parole, me hissant au rôle d'être entendue.

Je désigne l'acte d'être entendue comme prémices de l'entendement.

Je réclame à l'être entendant de garder une petite place dans la cellule membrane auditive pour écouter les histoires silencieuses. »

Témoignanges de spectateurs :

" Poétique, émouvante, drôle, d'une lucidité extrême, merci pour ce témoignage d'un autre monde…"

« Merci de m'avoir fait entendre cette écriture venue d'ailleurs. J'aime que ce soit une lecture » Alain

« Splendide ! Belle audace ! »

« Des mots qui disent et touchent, qui parlent, puissamment ou délicatement. Et une comédienne qui les porte avec une très jolie justesse. Quel beau moment cette rencontre avec Babouillec ! Merci. » Stivell

« Rien ne ressemble à la poésie de Babouillec : Babouillec n’est pas inscrite dans le monde, elle est un monde.(…) La comédienne sait admirablement transmettre cette atmosphère sans pareille. Sa lecture exprime (dans tous les sens du terme) le bon sens qui émane de ce texte. L’intelligence, l’humour, la révolte et la douleur mais aussi le bonheur de goûter la vie à sa façon. (…) Elle transforme ce texte fabuleux construit au moyen d’un alignement de lettres en carton dans une infinie lenteur mécanique, en un geste musical sans doute très proche des sentiments de l’auteur. » Hubert

« Sur un texte complexe, une cascade d'émotions. Superbe. Merci » Annie

« Chères Babouillec et Marion, En dedans je volerai Sans pieds et sans mains Sur le fil intérieur d'un silence heureux Guidée par vos respirations Pleine d'amour en poche » Marie-Lucile

« Pas eu le temps de cligner des yeux, c'était déjà terminé et porté par une interprétation très juste, merci » Lætitia

« Merci à la comédienne d'avoir fait vivre avec tant d'intensité les mots de celle qui ne peut les proférer mais qui les fait naître en elle. » Monique

« EXTRAORDINAIRE !!! Que d'émotions...Merci… »

« (…) La comédienne, un gros bonnet sur la tête, assise à une petite table, une lumière sur la droite, le cahier à la main, nous regarde d'abord, puis elle commence à nous lire...Elle dit des mots, ils sont énormes, plein de sens, ils viennent ces mots, ces phrases-de l'autre côté du miroir, de quelqu'un qui vit de l'autre côté du miroir (…) puis elle nous regarde à nouveau, nous le public, comme Babouillec nous regarderait, droit dans tous nos yeux, en rigolant doucement....elle reprend, continue, nous emmène...et on la suit...et c'est au fond de l'eau, ou au plus haut des étoiles, en tout cas, il s'agit de l'essentiel, c'est la sensation que j'ai eue. (..) » Fanette

Technique :

Le spectacle est très léger sur le plan technique, il peut se jouer quasiment partout : salles de spectacle, bibliothèques-médiathèques, petit amphithéâtres, etc...y compris en appartement : à condition de pouvoir faire le noir, ou une vraie pénombre.

Plateau minimum : Largeur 3 m, profondeur 2m A fournir : une petite table, une chaise.

Lumières : dans les petits lieux (de moins de 100 places): une lampe de bureau (que j'apporte ), suffit : il faut donc juste une prise (avec un câble/rallonge au besoin). Pour les lieux plus grands, un soutien avec quelques projecteurs peut être nécessaire.

De mon côté, je fournis : la lampe de bureau, le drap blanc pour la table, un paravent et des draps noirs pour délimiter l'espace si besoin selon les lieux.

 

PUBLIC : Adultes/adolescents

RENSEIGNEMENTS & TARIFS

Marion Gaud, Compagnie Zéro de conduite !
2, rue du Truyet
83560 RIANS

06 15 15 79 97
mariongaud@yahoo.fr