Les troubles causés par l'alcoolisation foetale, des handicaps évitables

Santé, Petite enfance
Le vendredi 9 septembre 2016

Accès au colloque

vendredi 9 septembre 2016

Des professionnels témoignent

Des parents témoignent

Table Ronde : La prévention des TCAF, quelles perspectives ?

Interview de M. Denis Lamblin, président fondateur de SAF France

 

 

Depuis les premières publications sur le Syndrome d’Alcoolisation Foetal (SAF), en 1968, par le Dr Paul Lemoine, les effets de l’alcool sur le foetus, les conséquences sur le développement des enfants concernés sont maintenant parfaitement établis et largement documentés : l’alcool durant la grossesse est un tératogène puissant avec des conséquences durables pour l’enfant à venir. 

Pourtant, presque un demi-siècle plus tard, nombreux parmi ceux-ci ne sont pas repérés et ne bénéficient d’aucun suivi adéquat pour eux-mêmes et leurs familles. On les trouve principalement dans les familles pauvres et/ou vulnérables, parmi les enfants secourus et/ou placés à l’Aide Sociale à l’Enfance et dont le retard est volontiers rattaché à la carence et/ou maltraitance. On les trouve aussi parmi ceux adoptés, notamment venant de pays étrangers et dont le retard est alors attribué à la carence, à l’hospitalisme, à la rupture du lien et sans qu’on évoque une possible alcoolisation foetale. On peut enfin les trouver dans la population générale, l’alcool étant un tabou bien caché, dénié par les patients comme par les professionnels. 

Le SAF concerne de nombreuses grossesses, selon une fréquence évaluée entre 0,17 et 0,5 pour 1000 naissances. (J. Bloch, BEH 10 mars 2009). La prévalence des Troubles Causés par l’Alcoolisation Foetale (TCAF) est plus importante encore, estimée dans les pays dit développés à 0,9%. C’est la cause la plus fréquente de retard mental et surtout d’inadaptation sociale d’origine non génétique et donc évitable : elle reste pourtant sous diagnostiquée. 

L’ANECAMSP, SAF FRANCE et Vivre Avec Le SAF ont voulu cette journée pour relancer l’attention des professionnels sur cette réalité, partager des avancées de recherches, des expériences de suivis, et questionner sur les modalités de diagnostics et de soins. Le choix de la date du 9 septembre est particulièrement symbolique puisqu’elle se superpose à celle de la journée mondiale du SAF. 

Qu’en est-il aujourd’hui des habitudes de consommation et comment peut se concevoir la prévention ? Malgré des avancées dans ce domaine et des messages tels que « zéro alcool pendant la grossesse », insuffisamment diffusé, la prévalence ne diminue pas. Pourquoi est-il encore si difficile de parler des risques de l’alcool pendant la grossesse alors qu’il s’agit d’un réel problème de santé publique ? 

Comment reconnaitre les familles à risque ? Des initiatives remarquables ont vu le jour, notamment dans le Nord sous l’impulsion de Maurice Titran et à la Réunion grâce à Denis Lamblin, pour aider les femmes dépendantes de l’alcool. Partout dans le monde, des associations se mobilisent et des expériences voient le jour autour des problèmes liés à l’alcool pendant la grossesse. Comment peut-on faire le diagnostic ? Quel suivi pour les enfants et leurs familles dans les équipes de CAMSP ? Cette journée sera l’occasion d’échanger, de réfléchir à nos pratiques professionnelles, pour une prévention efficace et un diagnostic suivi d’une prise en charge adaptée pour chaque enfant et leurs parents. 

 

Parole d'enfant porteurs du SAF - Episode 1

Pour avoir accès aux épisodes suivant, cliquez ici