Les Colloques au Centre Culturel International de Cerisy

Cerisy
Cerisy-La-Salle
Du lundi 21 mai 2018 au samedi 29 septembre 2018

Groupe La Poste

 

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Crédit Coopératif Ville de Caen Université de Caen Normandie Lyonnaise des Eaux
Scriptorial d'Avranches Ville de Deauville RATP Association Pays d'art et d'histoire du Coutancais
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Forge Numerique CRL IMEC Groupe CDC
Fondation d'Entreprise La Poste Université Paris-Saclay PU de Caen Fondation Gabriel Péri
lundi 21 mai 2018
Art, littérature et réseaux sociaux

Du 21 au 28 mai 2018 :

Entre les artistes et les réseaux de communication et d'information, la relation est ancienne. Pensons au téléphone, à l'Internet des années 1980 et au Minitel. Depuis le Web des années 1990, les réseaux sont peu à peu devenus une scène de l'art, court-circuitant les chemins traditionnels de production et de diffusion, et un théâtre global, où s'expérimentent de nouvelles dramaturgies, peuplées d'identités multiples, composées avec la communication des machines.

Qu'en est-il, aujourd'hui, avec les réseaux sociaux? Si Facebook ou Twitter par exemple, semblent s'apparenter à de véritables machines d'écriture pour artistes et écrivains, offrant des contraintes littéraires, des matériaux multiples (images, sons, textes), des opportunités de détournements et de dérives, ainsi qu'un espace-temps d'actions et de performances artistiques, ce sont aussi et surtout des entreprises de diffusion mondiale de l'information et des machines à capter le temps et l'attention disponible des utilisateurs. Quels types de rapport l'art et la littérature entretiennent-ils avec ces réseaux? Quelles formes et quelles représentations font-ils émerger des réseaux sociaux? Quels effets sur l'auteur, sur l'œuvre et sa pérennité? Mais encore, dans quelle mesure les artistes, embarqués dans une telle machinerie industrielle et culturelle, parviennent-ils à s'emparer des réseaux, à en faire un médium artistico-littéraire, et à les mettre à l'épreuve? Distance, critique et action (politique) sont-elles seulement possibles?

En sus des communications suivies de débat, le colloque proposera des performances, un atelier d'édition par le collectif PréPostPrint et des expositions de recherche. Il s'adresse aux artistes, chercheurs, étudiants, professionnels du monde de l'art ainsi qu'à toute personne intéressée par les sujets traités.

vendredi 15 juin 2018
de 19:00 à 14:00
SAISIR LE RAPPORT AFFECTIF AUX LIEUX

Du 15 au 22 juin 2018 : 

Se dirige-t-on vers une fabrique affective des lieux? Qu'il s’agisse d’architectes, de designers, d’économistes, de géographes, de paysagistes, de sociologues, d’urbanistes, d’artistes ou d’habitants, nombreux sont ceux qui, au niveau conceptuel ou pratique, manifestent un intérêt vis-à-vis du rapport affectif aux lieux. Toutefois, si les discours en ce sens se multiplient, les difficultés rencontrées sont importantes lorsqu’il s’agit de capter, comprendre, mobiliser ou encore susciter les émotions et les sentiments tant — entre aimer et ne pas aimer, témoigner de l’indifférence ou de la détestation —, l’éventail est large et les mécanismes complexes. En outre, les termes employés qualifient autant la personne qui formule un sentiment, que les lieux concernés et la relation elle-même.

Questionnant la possibilité d’une fabrique affective des lieux, ce colloque a deux objectifs. Le premier consiste à saisir le rapport affectif aux lieux: d’une part, en tentant une clarification des dimensions du champ de l’affectif; d’autre part, en confrontant les méthodes scientifiques et les démarches engagées par les acteurs de terrain pour y parvenir. Le second objectif entend aborder les raisons et manières de se saisir de ce rapport affectif pour la transformation des espaces habités. Quelle place lui accorder? Dans quel but? Est-il possible, souhaitable, d’atteindre une certaine amabilité des lieux? Quels en sont les risques? Comment passer du savoir au faire et au savoir-faire?

Au cœur de ce faisceau d’interrogations, les échanges revêtiront des modalités diverses, de la communication suivie d'un débat à l’atelier in situ, de la table ronde à l’arpentage de terrain, mobilisant des compétences très diverses, académiques, opérationnelles, habitantes.

vendredi 13 juillet 2018
de 19:00 à 14:00
Les superhéros : une mythologie pour aujourd'hui

Du 13 au 20 juillet 2018 :

Nés entre les deux Guerres Mondiales, au carrefour des principales littératures de l’imaginaire, superhéros et superhéroïnes apparaissent comme un concentré des rêveries occidentales sur l’héroïsme et la Force. Ils réactivent alors la veine mythologique pour mieux refléter les ambivalences de la culture américaine, déchirée entre sauvagerie primitive et modernité technologique. Leur succès depuis près d’un siècle doit désormais interroger sur le sens qu’a pris leur geste dans la culture de jeunesse.

S’il convient de revenir sur leur genèse, voire sur leur définition, il est surtout important d’étudier leur fortune intermédiatique et l’étonnante malléabilité qui a favorisé tout à la fois leur prolifération et les hybridations génériques auxquelles ils se prêtent. Il faut examiner l’abondante descendance qui est la leur dans tous les registres, jusqu’à la parodie, et la manière dont ils ont renouvelé les figures de Sauveurs. Les superhéros n’étant rien sans les supervilains qu’ils affrontent, la dialectique qui les oppose mérite aussi toute l’attention, de même que les chronotopes allégoriques dans lesquels ils évoluent. Enfin les modes de production et de diffusion de ces personnages interrogent le statut de l’auteur dans le contexte de l’industrie culturelle, tout comme ils mettent en avant la part grandissante des produits dérivés sur le marché de la fiction.

Les communications devront être accessibles à un public non spécialiste. Le public sera le bienvenu; les auditeurs pourront prendre part aux débats, éclairer les discussions de leurs propres connaissances et contribuer à la réflexion collective.

lundi 23 juillet 2018
de 19:00 à 14:00
QUE NOUS DISENT LES BEST-SELLERS ?

Du 23 au 30 juillet 2018 :

Rien n’est plus mystérieux qu’un best-seller. Car si certains semblent fabriqués à partir de recettes qui ne peuvent mener qu’au succès, combien d’autres livres issus du même moule passent complètement inaperçus tandis que des ouvrages parfois difficiles reçoivent un succès inattendu? Quel point commun peut-on trouver au Capital de Marx, aux romans de Dickens ou aux aventures d'Harry Potter en passant par Le Petit Prince de Saint-Exupéry, Belle du seigneur d'Albert Cohen, sans oublier les œuvres de Pigault-Lebrun ou de Maurice Dekobra? Y a-t-il des raisons objectives permettant de comprendre que ces livres aient rencontré le succès? Et comment passer du livre qui anime une librairie à celui qui y met le feu? Y a-t-il un élément, un secret, une technique qui permet de transformer tout volume en n°1 des ventes? Quelle part revient à l’auteur dans cette réussite? Et à l’éditeur? Et aux lecteurs? Et au-delà d’une simple recension des livres qui se sont très bien vendus depuis le XIXe siècle, que nous disent les best-sellers? Est-ce une catégorie historique dont on peut relater l’invention? Nous racontent-ils une histoire d’un horizon de réception, celui du "grand public", voire une histoire de la lecture?

Le présent colloque vise à offrir un grand moment d’échange et de débat entre des spécialistes des différents aspects de la question et un large public composé d'auteurs, de professionnels du livre, d'enseignants, mais aussi d'auditeurs intéressés par les problèmes posés.

vendredi 10 août 2018
de 19:00 à 14:00
VALÈRE NOVARINA : LES QUATRE SENS DE L'ÉCRITURE

Du 10 au 17 août 2018 :

"Très longtemps il m’a semblé que tout devait atteindre quatre sens: chaque phrase, chaque réplique, chaque scène de l’Écriture — et y compris mon nom (et y compris mes initiales !)"[1], peut-on lire dans le dernier essai de Valère Novarina, Voix négative précisément. Quels sont les quatre sens possibles de VN: Voie Négative, Voix Négative, Via Novarina, Viande Niée?... Si les pistes ne manquent pas, il convient cependant de s’interroger sur la valeur herméneutique, poétique et critique d’une telle approche: en quoi cette voie onomastique constitue-t-elle un mode opératoire pertinent pour aborder l’œuvre? Comment saisir la quatressence d’une œuvre particulière ou de l’œuvre dans son intégralité (lecture littérale, allégorique, morale et anagogique[2])? Dans quelle mesure l’écriture novarinienne doit-elle être rattachée à la scène de l’Écriture et comment comprendre cette expression dans toutes ses dimensions?

Par ailleurs, ces quatre sens de l’écriture renvoient-ils à quatre points cardinaux qui détermineraient un territoire novarinien? Sont-ils à mettre en relation avec les "quatre langues nourricières"[3] qu’évoque l’écrivain (le hongrois, le dialecte franco-provençal, l’italien valsésian et le latin)? Avec diverses autres langues / langues autres? Peut-on les relier à cette quatrième personne du singulier dont se revendique l’auteur[4]? En quoi cette quatressence scripturale invite-t-elle à explorer les voies poétiques, dramatiques/dramaturgiques, picturales et musicales — mais aussi philosophiques, théologiques? Faut-il donc excéder le quatre?

Tels sont quelques-uns des enjeux que se propose d’approfondir ce premier colloque de Cerisy consacré à l’œuvre d’un écrivain, dramaturge et peintre d’ores et déjà considéré comme un classique de la modernité. Ont répondu présents la plupart des principaux spécialistes et interlocuteurs de Valère Novarina: écrivains, philosophes, traducteurs, universitaires, comédiens et metteurs en scène. C’est dire que, en présence de l’auteur qui interviendra de diverses façons — notamment par des lectures —, seront développés de multiples domaines: théâtre, poésie, philosophie, dramaturgie, peinture, théorie, traduction, culture et langues de l’antiquité, histoire des idées... Pour le plus grand plaisir des passionnés, qu’ils soient professionnels ou amateurs éclairés.

mercredi 29 août 2018
de 19:00 à 14:00
Les nouveaux enjeux prospectifs des territoires Co-construction des stratégies

Du 29 août au 2 septembre 2018.

mardi 4 septembre 2018
de 19:00 à 14:00
L'usage des ambulances

Du 4 au 11 septembre 2018 : 

Les ambiances et les atmosphères sensibles se prêtent à une grande diversité d’usages, que ce soit dans le domaine de l’art, de l’urbain ou des sciences sociales. Comment les ambiances contribuent-elles à mettre les situations ordinaires à l’épreuve du sensible? En quoi ouvrent-elles de nouvelles pistes en matière de pratique artistique, d’expérimentation méthodologique ou d’exploration théorique? Qu’en est-il d’une socio-esthétique située, attentive aux percepts et aux affects qui imprègnent nos milieux de vie et infusent les sensibilités contemporaines?

De telles questions traverseront le colloque selon une triple exigence: d’une part, une attention particulière sera portée aux échanges, apports réciproques et questionnements communs entre le monde de l’art et celui des sciences sociales; d’autre part, il s’agira d’initier une rencontre, d’ouvrir un dialogue inédit avec la pensée anglo-saxonne en la matière, mettant en résonance et en discussion l’approche des ambiances et celle des atmosphères; enfin, l’usage des ambiances sera passé aussi bien au filtre des enquêtes et des théories qu’à celui des pratiques effectives et des expériences situées. Les journées seront organisées de manière à alterner activité réflexive et expérimentations concrètes, à mettre en partage des expériences autant qu’à mettre en débat des arguments.

D’une certaine manière, l’usage des ambiances conduit à expérimenter une nouvelle forme de colloque, entre discussion scientifique et expérimentation artistique. Amorcée par une virgule matinale produite par des doctorants, chaque journée alternera des communications suivies de débats, interventions et tables rondes avec des propositions esthétiques produites par des jeunes artistes pour se conclure en soirée par de petites formes performatives.

jeudi 13 septembre 2018
de 19:00 à 14:00
Le travail en mouvement : organisations, frontières, reconnaissances

Du 13 au 20 septembre 2018 :

Depuis quelques années, les indices d’une vaste recomposition du travail n’ont cessé de se multiplier. Outre la révolution numérique dont on commence à percevoir et à anticiper les nombreux effets, il faut compter avec de nouvelles formes de gestion des activités productives qui en appellent à toujours plus d’engagement au travail, de responsabilités sociales, de collaborations horizontales... À l’image des transformations qui affectent les lieux comme les temps des pratiques professionnelles, ce sont par ailleurs les frontières même du travail qui sont aujourd’hui en train de bouger.

Le colloque rassemblera dirigeants d’entreprise, directeurs des ressources humaines, syndicalistes, universitaires, acteurs publics ainsi que toutes celles et ceux intéressés par le thème du travail et de ses transformations autour de trois interrogations: 1) Quelles sont les nouvelles pratiques productives et les nouvelles formes d’organisation du travail? 2) Comment se transforment les frontières du travail? 3) Quelles sont les implications de ces changements pour les modes de reconnaissance au travail, du travail et par le travail?

Pour aborder toutes ces questions, le programme sera établi sur la base de communications en tables rondes suivies de débats, d’ateliers et de discussions autour de témoignages et de représentations du travail littéraires, cinématographiques, picturales... Sont également prévues des visites d’entreprises locales illustrant des formes intéressantes d'agencement de collectifs de travail.

samedi 22 septembre 2018
de 19:00 à 14:00
REENACTMENT / RECONSTITUTION : REFAIRE OU DÉJOUER L'HISTOIRE ?

Du 22 au 29 septembre 2018 :

La ferveur pour l’histoire s’étend aujourd’hui largement au-delà des cercles initiés et paroles consacrées. Elle prend notamment la forme de reconstitutions grandeur nature, en temps réel, d’événements à caractère historique: batailles, festivités, rites religieux ou civiques, ambassades, processions, repas, spectacles ou même modes de vie... En marge du discours scientifique (qui pourtant les nourrit) et surtout du discours institutionnel (dont pourtant elles s’inspirent), les initiatives de ces "reconstitueurs"  ou performeurs attestent d’un rapport de réappropriation, voire de détournement, où les publics s’emparent de l’Histoire pour vivre une expérience sensible ou sensorielle, participative et immersive.

Rejouer l’histoire n’est pas un geste comme un autre, puisqu’à la faveur de la reconstitution, le temps se redéploie en cristallisant de nouveaux enjeux, entre commémoration, marchandisation, expérimentation et subversion. Ce que l’anglais nomme reenactment peine à trouver un équivalent en français, la traduction même du mot posant problème: remise en acte; réactivation, recréation, reconstitution, restitution...

L’objectif de ce colloque consiste à définir cet acte complexe et à cartographier ces pratiques diverses de reconstitution historique d’hier et d’aujourd’hui, depuis les exploitations mémorielles et récréatives jusqu’aux dispositifs scientifiques et artistiques, en passant par les avatars numériques, entre survivance du passé et acte de création imaginaire.

Largement ouvert aux expérimentations concrètes, il articulera ateliers, conférences, débats, tables rondes et projections autour de plusieurs thématiques structurantes. Une première séquence de travail permettra d’abord de distinguer usages anciens et pratiques contemporaines; une seconde séquence interrogera les enjeux de production et de diffusion de cette "fabrique" d’histoires; une troisième séquence étudiera les usages sociaux du Reenactment en fonction de leurs objectifs et implications, afin de mettre en évidence des points de tension entre différentes formes de médiation de l’Histoire.

Cerisy-La-Salle

Le Centre culturel international de Cerisy-la-Salle (CCIC) siège dans un château situé à Cerisy-la-Salle (Manche). Il est, depuis 1952, un lieu de rencontres intellectuelles où se déroulent les « Colloques de Cerisy », qui font suite aux Décades de Pontigny de l'entre-deux-guerres.  

Chaque année, de mai à octobre, il accueille divers colloques internationaux réunissant artistes, chercheurs, enseignants, étudiants, acteurs économiques et sociaux, ainsi qu’un vaste public intéressé par les échanges culturels et scientifiques.