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À la veille de l’annonce du 4e plan autisme, Macron fait du handicap une priorité

jeudi 5 avril 2018

 « Agir vite, prendre en charge un enfant autiste avant ses trois ans, c’est lui donner toutes les chances pour la vie », à twitté Emmanuel Macron ce jeudi 5 avril.

Le président est arrivé vers 10h00 à l’unité d’intervention développementale précoce (Unidep) du CHU de Rouen. Il était accompagné de son épouse Brigitte, très engagée dans l’accompagnement des personnes atteintes d’autisme, de la ministre de la Santé Agnès Buzyn et de la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel.

Ce déplacement amorce la mise en place du 4e plan autisme, qui doit être annoncé vendredi 6 avril par le Premier ministre Edouard Philippe. Après trois plans successifs lancés depuis 2005, c’est en juillet dernier qu’Emmanuel Macron avait commencé des concertations à propos de ce nouveau plan. Le précédent (2013-2017) avait été financé par 205 millions d'euros, mais, pour la Cour des comptes : « Les progrès réalisés dans la prise en charge des enfants, mais surtout des adultes, sont insuffisants ». Un avis partagé par Sophie Cluzel pour qui : « En matière de politique de l'autisme, la France n'est pas au niveau ».

Selon la secrétaire d’Etat, les familles concernées sont trop souvent exposées à un « parcours du combattant indigne de notre République » et « la France se trouve loin derrière de nombreux pays de l'OCDE en matière de recherche ».

Plus concrètement, selon la Cour des comptes, seulement « 15% environ » des enfants qui ont besoin d'interventions précoces en bénéficieraient réellement. En juillet 2015, un tribunal administratif a ainsi condamné l'État français pour « des carences » dans la prise en charge d'enfants autistes.

 Les associations de familles demandent régulièrement à l'État de « prendre la mesure de l'urgence » en matière de recherche et d'innovation, d'accompagnement vers la scolarité et l'emploi, d'accès à des thérapeutes formés, ou encore de création de places dans des structures spécialisées pour éviter des départs forcés en Belgique : une demande à laquelle tentera de répondre demain le gouvernement. Et si les contours de ce 4e plan autisme sont encore flous, l’Elysée a d’ores et déjà indiqué que, sur les cinq prochaines années, 340 millions d'euros seront consacrés à l’amélioration de la recherche, du dépistage et de la prise en charge de l'autisme. 

L’unité de Rouen, dans laquelle s’est rendu le président, est spécialisée dans le diagnostic précoce des troubles du spectre autistique. Elle utilise la méthode de Denver, qui permet de poser un diagnostic par le prisme du regard. 

Après s’être livré lui-même à ce test, Emmanuel Macron s’est ensuite rendu à la crèche Graffiti's, qui accueille de jeunes enfants autistes : gérée par l'association Le Moulin vert, elle propose un espace multi-accueil pour les enfants de 2 mois et demi à 6 ans, prônant la mixité des publics. 

L’objectif à terme du président : une prise en compte de l’autisme à tous les niveaux.

Prochaine étape : l’annonce officielle du 4e plan autisme à 14h30, vendredi 6 avril au Musée d’Histoire Naturelle de Paris. Qualifié comme « stratégique », il devrait mettre l'accent sur l'intervention précoce, la scolarisation, l'inclusion des adultes, le soutien aux familles et la recherche, avec l'objectif que la France « rattrape son retard » comme annoncé par le Premier ministre dans un tweet daté du 2 avril.                                  Son appel : « Changeons la donne ! ».